La pollinisation

Une action à échelle nationale

protéger la flore sauvage

Les insectes pollinisateurs (Hyménoptères : abeilles, bourdons, guêpes … ; Diptères : syrphes, mouches … ; Lépidoptères : papillons ; Coléoptères : scarabées, coccinelles …) rendent un service inestimable à la reproduction d’une grande partie des plantes à fleurs, qu’elles soient sauvages ou cultivées. Dans l’Union européenne, ce ne sont pas moins de 84 % des espèces végétales cultivées et 80 % des espèces végétales sauvages qui dépendent de la pollinisation par les insectes .

Leur déclin est incontestable, plus ou moins marqué selon les espèces. Les raisons en sont multiples, insuffisamment expliquées aujourd’hui, même si un faisceau de présomptions conduit à reconnaître que l’activité humaine dans son ensemble est responsable de la dégradation des habitats de ces insectes et de leurs ressources alimentaires florales (intensification de l’agriculture et de l’urbanisation, fragmentation des paysages, biocides, changement climatique…).

Ce déclin est une des préoccupations majeures du gouvernement, compte tenu des enjeux de la pollinisation :
sauvegarde de ces communautés d’insectes, conservation de la diversité des espèces florales et faunistiques, reconquête de la biodiversité, mais aussi productivité agricole. Il s’agit bien là de mener une véritable stratégie nationale conjointe et coordonnée entre les différents secteurs concernés, et notamment l’agriculture. Le gouvernement n’a cessé de l’affirmer dans les groupes de réflexion sur l’écologie, la biodiversité et l’agriculture qu’il a organisés et les documents stratégiques et réglementaires qu’il a produits ces dernières années.

Ainsi le plan national d’actions (PNA) en faveur des insectes pollinisateurs sauvages comme le plan de développement durable de l’apiculture (PDDA) font partie de la feuille de route pour la transition écologique issue de la Conférence environnementale organisée par le gouvernement les 14 et 15 septembre 2012.

Auparavant le PNA en faveur des insectes pollinisateurs sauvages avait été inscrit dans le code de l’environnement à l’article L414-9, rédigé comme suit :
« Des plans nationaux d’actions pour la conservation ou le rétablissement des espèces visées aux articles L.
411-1 et L. 411-2 ainsi que des espèces d’insectes pollinisateurs sont élaborés et, après consultation du public, mis en œuvre sur la base des données des instituts scientifiques compétents lorsque la situation biologique de ces espèces le justifie ».

Les plans nationaux d’actions (PNA) du ministère en charge de l’écologie sont des outils stratégiques visant à assurer le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable des espèces menacées ou faisant l’objet d’un intérêt particulier. Ce dispositif est sollicité lorsque les outils réglementaires de protection de la nature sont jugés insuffisants pour rétablir une espèce ou un groupe d’espèces dans un état de conservation jugé favorable.
Le PNA en faveur des insectes pollinisateurs sauvages constitue dans ce dispositif une nouveauté et une originalité :

ƒ --Il concerne un groupe fonctionnel d’espèces et vise non seulement à maintenir et à restaurer les espèces d’insectes pollinisateurs jugées en état de conservation défavorable, mais aussi les communautés qu’ils constituent. En effet, la biodiversité liée aux insectes ne se résume pas à la seule richesse en espèces, mais comprend les relations entre les insectes et les relations qu’ils entretiennent avec l’ensemble du vivant, et en particulier les plantes.

ƒ --Il anticipe la création de savoir-faire face au déclin des espèces pollinisatrices plutôt que de réagir face à leur disparition. Aucune abeille n’est actuellement protégée au niveau national. Ce PNA met l’accent sur la nécessité de prendre en considération des espèces qui n’ont pas de statut de protection, voire d’imaginer un outil juridique permettant de protéger une communauté d’insectes.

Source : Introduction du PNA du ministère de l'écologie , du développement durable et de l'énergie . Fevrier 2016